La langue égyptienne

La langue égyptienne du temps des pharaons n'existe plus aujourd'hui. On a longtemps émis l'hypothèse que l'égyptien ancien était la « langue-mère » qui aurait donné naissance aux langues chamitiques et sémitiques actuelles. Mais ce n'est pas le cas, car certaines de ses « langues-filles » lui étaient contemporaines. On sait que l'ancien égyptien ayant évolué en néo-égyptien, la langue de la Haute-Égypte, resta en usage jusqu'aux environs de 600 avant notre ère.

L'évolution de la langue commença avec l'ancien égyptien dont la plus ancienne forme remonterait à près de 3000 avant notre ère. C'est la langue qu'on retrouve dans les textes des pyramides et des inscriptions de la IIIe à la VIe dynastie de l'Ancien Empire. Les premières attestations du moyen égyptien (ou égyptien classique) sont apparues vers 2100 avant notre ère; cette langue, qui a survécu durant environ 500 ans, demeure la « langue des hiéroglyphes » dans histoire de l'Égypte antique, lors de la période du Moyen Empire. Sous la XVIIe dynastie, le moyen égyptien a été adopté comme langue officielle (textes littéraires, inscriptions royales, documents administratifs, etc.); on le retrouve aujourd'hui sur les inscriptions des sarcophages. Quant au nouvel égyptien (ou néo-égyptien), il a remplacé en Haute Égypte le moyen égyptien dans la langue parlée (après l'an 1600 avant notre ère) et est resté en usage jusqu'aux environs de l'an 600 (avant notre ère). Le nouvel égyptien a été employé dans les documents officiels durant la période s'étendant entre les XIXe et XXVe dynasties.

Lors de la Basse Époque (VII-VIe siècles), deux variétés d'égyptien et deux écritures dérivées du nouvel égyptien ont été utilisées simultanément: d'une part, le démotique « archaïque » dans le Nord, d'autre part, le hiératique «anormal» dans le Sud. Cette appellation de démotique (du grec dêmos signifiant « populaire ») désigne une langue restée en usage jusqu'au VIIe siècle de notre ère. Dans l'écriture, le terme de démotique fait référence à la « langue populaire » employée dans la vie quotidienne, tandis que les inscriptions officielles en hiéroglyphes ont tendance à désigner les styles archaïques de l'Ancien Empire et du Moyen Empire.

Pour ce qui est du copte (du grec Aiguptos signifiant « égyptien »), c'est le dernier maillon dans l'évolution de l'ancien égyptien. Attesté dès le IVe siècle avant notre ère, le copte a été employé par les paysans de Haute Égypte jusqu'au au XVIIe siècle et reste aujourd'hui la langue liturgique de l'Église copte orthodoxe (environ 6,5 millions d'adeptes). L'écriture copte est la transcription de la langue égyptienne en lettres grecques complétée par sept caractères démotiques pour rendre les sons qui n'existaient pas en grec.

Mentionnons également qu'en 333 avant notre ère Alexandre le Grand occupa l'Égypte qu'il libéra de la tutelle perse; le pays des pharaons fut intégré au monde hellénistique jusqu'à l'arrivée des Romains. L'Égypte devint une province romaine durant sept siècles, mais la culture romaine ne pénétra guère la société égyptienne, déjà hellénisée sous les Ptolémées. Après le partage de l’Empire romain en 395, l’Égypte devint byzantine. Durant les deux siècles suivants, la communauté copte (chrétienne) d’Égypte fut victime des persécutions du pouvoir byzantin, lesquelles visaient également les Juifs